Petit ou grand dormeur… à chacun ses besoins en sommeil

Certains enfants font le tour du cadran, d’autres dorment trois heures de moins. A chacun ses besoins ! L’important est d’apporter à votre enfant son comptant de sommeil.

Pourquoi certains enfants ont-ils plus besoin de sommeil que d’autres ?

  • D’un enfant à l’autre, les besoins de sommeil peuvent varier de deux à trois heures. Pourquoi ? Mystère. C’est peut-être dû à des facteurs génétiques, car on retrouve souvent les mêmes comportements chez les parents. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que ce plus ou moins grand appétit de sommeil apparaît très tôt. Certains nouveau-nés dorment vingt heures par jour, d’autres, six de moins, la moyenne se situant autour de seize heures.
  • Si petit et déjà étiqueté petit ou grand dormeur ? Pas tout à fait. Il arrive que ces comportements face au sommeil évoluent pendant l’enfance.
  • Mais, une fois sorti de l’adolescence, l’adulte a toutes les chances de rester fidèle à son profil de dormeur : petit (s’il dort moins de six heures), grand (s’il a besoin de neuf-dix heures) ou entre les deux.

Pour quelles raisons un enfant doit-il avoir son content de sommeil ?

  • Au cours du sommeil, l’enfant sécrète une substance précieuse : l’hormone de croissance, indispensable à son développement corporel. Il fabrique des anticorps et élimine la fatigue de la journée.
  • Le cerveau profite de ce moment de repos pour se développer.
  • Enfin, la psychanalyse s’est largement penchée sur le rôle du rêve dans la résolution des conflits de la journée.

 

D’où l’intérêt de bien repérer les besoins en sommeil de votre enfant : sa croissance et son bien-être en dépendent. Pour profiter au mieux des bienfaits du sommeil, il est donc indispensable que chaque enfant en ait son comptant !

Comment déterminer ses besoins en sommeil ?

  • Savoir à quelle famille de dormeurs appartient votre enfant n’est pas toujours évident. Derrière un soi-disant gros dormeur peut se cacher un enfant du matin : il s’assoupit de bonne heure, mais est en pleine forme tôt le matin. Derrière un petit dormeur, se trouve peut-être un enfant du soir (couché tard, levé tard) ou un petit qui refuse de s’endormir, comportement fréquent entre 4 et 11 ans ! Peur de la solitude, désir de rester avec ses parents, envie de faire comme les grands… de multiples raisons peuvent pousser un enfant à rogner ses nuits.
  • Pour déterminer les besoins de sommeil de votre enfant, il faut l’observer lorsqu’il vit sans contraintes, durant les vacances par exemple. Le soir, guettez les premiers signes de fatigue : il suce son pouce, se pelotonne, est irritable, bâille, etc. Vous fixerez ainsi l’heure du coucher.
  • Si entre 5 et 6 ans, votre enfant refuse de faire la sieste, regardez comment il se comporte le soir.Il reste calme ? Il s’agit sans doute d’un petit dormeur. Il est énervé ? Son somme de l’après-midi lui manque. Montrez-vous plus ferme s’il n’accepte pas d’aller se coucher

A quoi pensent les petits dormeurs ?

  • Ils ont envie qu’on respecte leur moindre besoin de sommeil. Leur hantise : se retrouver seul dans le noir à se tourner et à se retourner dans le lit. Dans ce cas, l’anxiété monte. Votre enfant risque de s’endormir encore plus tard que prévu. Il peut alors se réveiller fatigué, ce qui, pour un petit dormeur, est quand même un comble !
  • Evitez donc de le coucher trop tôt. Mais, pas question de l’autoriser à rester devant la télé ou l’ordinateur jusqu’à 22 heures. Pour trouver le sommeil, un enfant a besoin au coucher de conditions rassurantes et apaisantes. Ménagez-lui un temps de détente avant l’heure de l’endormissement. Il peut par exemple lire ou écouter une histoire, dans sa chambre, avec la lumière allumée.

De quoi rêvent les gros dormeurs ?

  • Si votre enfant a moins de 6 ans, il se peut qu’il éprouve encore le besoin de faire la sieste. Une partie des écoles maternelles laisse la possibilité de s’endormir entre 12 et 14 heures aux élèves des moyenne et grande sections. Dans ce cas, suivez l’avis de la maîtresse, même si vous avez peur qu’il soit dans vos jambes le soir. Un enfant privé de sieste ne se couchera pas forcément plus tôt le soir. Enervé, il risque d’éprouver des difficultés à trouver les sommeil. Il peut aussi s’assoupir en rentrant de l’école et déborder d’énergie au moment du coucher !
  • Evitez que votre enfant fasse de trop longues grasses matinées le week-end et se retrouve « déphasé » le reste de la semaine. Durant les jours de repos, vous pouvez le laisser au lit une heure plus tard qu’à son habitude, mais pas beaucoup plus. Une fois levé, incitez-le à petit-déjeuner, à bouger et à sortir pour profiter de la lumière. Autant d’attitudes qui l’aideront à reprendre contact avec le monde extérieur. Veillez aussi à ne pas trop décaler vos propres heures de coucher et de lever, car l’ambiance familiale influe sur les rythmes de l’enfant.

Et en classe, observe-t-on une différence ?

  • Enseignants et spécialistes du sommeil sont catégoriques : dormir peu ou beaucoup n’influe pas sur les capacités d’apprentissage, pourvu que l’on respecte les besoins de sommeil propres à chaque enfant. Or, c’est plutôt sur ce dernier point que le bât blesse. Certains instituteurs se plaignent de voir arriver des enfants grognons ou les traits tirés et qui vont parfois jusqu’à s’endormir en classe. Pour ceux-là, il est urgent de revoir l’heure du coucher !

 

Noémi Constans avec Hélène De Leersnyder, pédiatre, Marie-Josèphe Challamel, spécialiste du sommeil, et Céline Houéry et Colette Beaugé, professeurs des écoles.

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